mardi 3 novembre 2015

Les registres de Guillaume Apheça, "marchand de palombes"

Le Niger - Collection  P. Ramona
Mon dernier billet sur les Lohitçun originaires d'Aussurucq, berceau d'une partie de ma famille paternelle, faisait état de quatre sœurs aux destins différents mais qui toutes avaient été mères un jour. Une fois de plus, il me faut revoir ma généalogie. En effet, en transcrivant l'acte de mariage de la petite dernière, Elisabeth, daté du 14 octobre 1851, je me suis aperçue qu'un des témoins était son beau-frère, un certain Arnaud Ihitz, de Sauguis.

Histoire de brouiller les pistes, une cinquième sœur, Marie, née le 15 septembre 1827 (oui, je sais encore une Marie !) s'était en effet mariée dans le village de son promis, Sauguis. Ce 19 février 1849, elle avait uni sa destinée à celle d'Arnaud Ihitz, frère cadet de sa belle-sœur Marie laquelle venait d'épouser à Aussurucq son frère Pierre le ... 13 février, soit moins d'une semaine auparavant. J'imagine que chaque famille partageait ainsi la charge de deux mariages "croisés" et rapprochés.

Une fois cette découverte faite, il ne me restait plus qu'à établir la descendance de cette nouvelle branche grâce aux registres numérisés de Sauguis-Saint-Etienne. Arnaud et Marie ont eu neuf enfants entre 1849 et 1863 avec comme toujours, leur lot de décès en bas âge, trois bébés et une fillette de 13 ans. Ma surprise fut néanmoins de ne trouver aucun mariage ni descendance chez les cinq survivants. En tout cas, pas dans leur village natal, ni dans les environs.

Et c'est là que j'ai eu l'idée d'aller faire un tour du côté des registres de Guillaume Apheça. Souletin lui aussi, né à Domezain-Berraute en 1828, c'était un agent d'émigration de l'agence Colson à Bordeaux. Avec son frère Jean, il organisa le voyage de quelque 15000 émigrants basques entre 1856 et 1913. Guillaume supervisait leur départ depuis Saint-Palais tandis que Jean, installé à Buenos Aires, les accueillait dans ce qu'on appelait au 18e siècle le pays de La Plata (les territoires d'Uruguay, Paraguay et Argentine autour de ce fleuve).

Guillaume Apheça, dont les registres ont été retrouvés par hasard dans une maison de Béhasque, était ce qu'on appelait un "uso martxanta", un "marchand de palombes", en référence à cet oiseau migrateur bien connu des Basques. En 1892, un rapport parlementaire fait état de 79000 départs de France ces 50 dernières années vers Montevideo et Buenos Aires dont les deux tiers de Basques.

Mais revenons à nos enfants Ihitz. Le 5 février 1874, le dénommé Pierre Ihits (sic), originaire de Sauguis, embarque sur le Niger de la Cie des Messageries Maritimes en partance vers l'Amérique du Sud. Il est accompagné par une de ses sœurs dont on ne connaît pas le prénom. L'année suivante, une certaine Marie Ihitz, âgée de 21 ans, elle aussi native de Sauguis, quitte la France le 5 octobre 1875. Le registre ne mentionne ni le nom du bateau ni la destination.

Marie Lohitçun, sœur cadette d'une autre Marie, mon AAAGM, et Arnaud Ihitz avaient eu un fils, Pierre, né le 19 août 1851 et une fille, Marie, née le 29 septembre 1854 (donc bien âgée de 21 ans en 1875). Je n'ai aucune certitude mais il me plaît de penser que, telles les palombes de leurs montagnes, ils se sont envolés vers d'autres horizons... 

2 commentaires:

berangere prevot a dit…

"Je n'ai aucune certitude mais il me plaît de penser que, telles les palombes de leurs montagnes, ils se sont envolés vers d'autres horizons... " Il n'y a palombe d'un doute ;-)

La petite poule noire a dit…

Palombe d'un doute, je t'adore Bérangère ;=)

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