vendredi 27 mars 2015

Où les prénoms suivent la tradition ... ou pas

Ramiro Arrue y Valle
Généalogistes sérieux, passez votre chemin, ce billet n'est pas pour vous...
Aujourd'hui, dernier jour d'une semaine bien remplie, notamment passée à retranscrire de nombreux actes de mes lointains cousins de Barcus et de Lanne, j'ai envie de vous parler d'un sujet plus léger : le choix des prénoms.

Très tôt, j'ai su que je devais le mien à une longue tradition familiale. En commençant cette généalogie, je me suis vite aperçue que celle-ci remontait au 18e siècle. Les aînés, du moins "mâles" de la famille Eppherre, s'appellent tous ou presque Dominique depuis 1725. C'est le cas de mon père et d'une bonne  douzaine de ses devanciers. Jean (le prénom de mon oncle) tient la corde. Pour les filles, la gagnante est sans conteste Marie mais ce n'est pas le propre de ma famille. En tournant les pages des AD du 64, j'ai pu constater qu'environ deux filles sur trois le portaient au 19e siècle. En somme, je suis une bonne synthèse...

Néanmoins, j'ai déjà évoqué ici ma rencontre avec une Scholastique dont le prénom m'avait intriguée. Depuis, j'ai trouvé une Euphrosine, dont la sainte patronne est une jeune chrétienne d'Alexandrie au 5e siècle qui choisit Dieu plutôt que le vieux mari imposé par son père (je résume).

Mais la palme des prénoms originaux dans mon arbre revient à ceux donnés par Thérèse Curutchet dite Eppherre (1798-1844) de Barcus. Petite dernière d'une fratrie de dix enfants dont six auront une descendance, elle épouse le 19 novembre 1822 un Jean Etchandy de Barcus du même âge qu'elle. Sur leur acte de mariage, il est dit marchand de laine. Les affaires ont dû être florissantes car sur les actes de naissance de leurs enfants, très vite il sont mentionnés comme rentiers...

Ensemble, ils auront sept enfants dont les prénoms dénotent une certaine originalité comparés à ceux de leurs nombreux cousins. Jugez-en plutôt : Bathilde (1823), Jean Marcel (1824), François Ildephonse (1826), Marie Julie (1827), Marianne Adélaïde (1829), Philippine (1831) et enfin Jean-Baptiste (1835).   

Et vous, votre "top list" des prénoms les plus surprenants ?
  
Acte de naissance de François-Ildephonse Etchandy
L'an mil huit cent vingt-six et le vingt-un janvier, par devant nous Joseph Laxague maire officier de l'état civil de la commune de Barcus, canton de Mauléon, département des Basses Pyrénées, est comparu Jean Etchandy, marchand de laine de ce lieu y domicilié, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin né d'hier vers les huit heures du matin de lui déclarant et de Thérèze (sic) Curutchet son épouse, rentière, et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de François-Ildephonse. Les dites déclaration et présentation faites en présence de Bernard Cotiart, instituteur, âgé de trente un ans et de Pierre Dudoy, menuisier, agé de trente un ans aussi, les deux de ce lieu y domiciliés ; et ont les père et témoins signé avec nous le présent acte de naissance après qu'il leur en a été fait lecture.

3 commentaires:

Hermione a dit…

Ma mère prétend que les prénoms du Nord sont les plus bizarres. Il est vrai que mon père avait par exemple un grand-oncle nommé Michel-Ange (prononcé de la même façon que le peintre). Ce qui fait que mon père portait les doux prénoms de Georges, René, Michel-Ange... :D

Denis P a dit…

Les parents d’aujourd’hui qui se creusent les méninges et redoublent d’efforts pour trouver LE prénom qui distinguera LEUR progéniture du vulgum pecus seraient bien inspirés de se pencher sur leur ascendance.
François Ildephonse, voilà un prénom qui ferait fureur de nos jours dans les cours de récréation : « hé ziva, François il défonce tout, il déchire grave ».
Plus sérieusement, la rencontre avec ces prénoms d’antan est pour le généalogiste l’occasion de se cultiver un peu.
Ainsi, contrairement à ce que mon esprit parfois facétieux me suggère, Bathilde n’est pas le résultat d’un défaut de prononciation lié à un rhume ou un bec de lièvre, mais une reine des francs.
Nos ancêtres « piochaient » parfois le prénom de leur progéniture dans l’histoire locale ; c’est ainsi que j’ai appris que Romble a fondé un couvent près de Sancerre au 5ème siècle ou que Libaire fut décapitée en 362 dans les Vosges sur ordre de l’empereur Julien.
Au fil de la généalogie de Karine, j’ai également croisé quelques garçons prénommés Pasquet, Onésime (dont le prénom usuel était Cléophas !), léger, ou encore Cyr et du coté des filles, quelques Barbe, une poignée de Marie-Magdeleine, une Libelle et deux Jacquette, dont l’épouse de Léonard Pingris qui donna le jour à François Pingris le 26 juillet 1672 et dont l’acte de naissance est le plus ancien document portant mon patronyme découvert à ce jour.

La petite poule noire a dit…

@ Hermione, je comprends mieux pourquoi ton mari apprécie l'art ;)
@ Denis, je visualise François Ildephonse dans la cour de récré et je me marre toute seule. Comme quoi, la généalogie, ça peut être aussi rigolo :)
PS : Merci les amis de commenter, je me sens moins seule...

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