mercredi 4 février 2015

Où une fille unique donne naissance à quatorze enfants

Ramiro Arrue y Valle
Comme je crois l'avoir mentionné, mon arrière grand-père Dominique Eppherre est venu du village voisin de Sunharette pour épouser Élisabeth Irigoyen. Le père de celle-ci, Dominique Irigoyen (1829-1898), l'instituteur, n'était pas non plus originaire d'Aussurucq. Il était né le 21 janvier 1829 à  Suhare, comme l'atteste l'acte de naissance ci-dessous et sa transcrition :
Acte de naissance de Dominique Irigoyen
L'an mil huit cent vingt-neuf, et le vingt deux du mois de janvier, à dix heures du matin, par-devant nous maire et officer de l'état civil de la commune de Suhare, Canton de Tardetz, Département des Basses-Pyrénees est comparu Irigoyen Pierre, âgé de quarante deux ans, cultivateur, domicilié au présent lieu, lequel nous a présenté un enfant du sexe fem masculin né hier au soir à dix heures dans ladite maison de Irigoien, de lui déclarant et de Marie Appeceix, son épouse, et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de Dominique ; desdites présentation et déclaration faites en présence de Hilarion Althabe, âgé de vingt sept ans et de Jean Althabe dit Iriart, âgé de trente six ans, les deux cultivateurs et domiciliés au présent lieu, et ont les père et témoins signé avec nous le présent acte de naissance après qu'il leur en a été fait lecture approuvant la rature de la sixième ligne du présent acte. 

Chose rare pour l'époque, il a épousé une fille unique : Marie-Jeanne Dargain-Laxalt d'Aussurucq. Je lui ai longtemps cherché des frères et sœurs avant de tomber sur son contrat de mariage déposé chez Maître Cazenave, notaire à Mauléon, dans lequel il est stipulé qu'elle est la fille unique de Pierre Dargain, retraité des douanes, et de feue Marie Lohitçun. Autre curiosité, ses parents se sont mariés le 22 mai 1833, soit deux jours après sa naissance le 20 mai 1833 ! Sa maman décède le 20 mars 1842 alors qu'elle n'a que neuf ans. Son père Pierre Dargain (1800-1853) dit Laxalt (du nom de la maison Laxalt) et son grand-père Jean (ca 1766-1838) étaient tous deux douaniers. Son père était même sous-lieutenant des douanes comme indiqué dans l'acte de naissance de sa fille (voir ci-dessous).


Acte de naissance de Marie D'Argain
L'an mil huit cent trente-trois, et vingt trois du mois de mai, à dix heures du matin, par-devant nous Caldun Maire et officier de l'état civil de la commune d'Aussurucq, canton et arrondissement de Mauléon, Département des Basses-Pyrénees, est comparu Pierre D'Argain, âgé de trente deux ans, sous-lieutenant des Douanes, domicilié à Abense-de-Haut, lequel nous a présenté un enfant du sexe  féminin née le vingt de ce mois à onze heures du soir dans la maison de Lohitçun du présent lieu, de lui déclarant et de Marie Lohitçun, son épouse, et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de Marie ; desdites déclaration et présentation faites en présence de Jean Carrique dit Baratchegaray, âgé de quarante huit ans, cultivateur, et de Arnaud Inchauspé, âgé de trente cinq ans, charpentier, et les deux domiciliés à Aussurucq. Après avoir donner lecture du présent acte, les témoins et le déclarant ont signé avec moi.

 

Lors de son mariage avec Dominique Irigoyen (voir acte ci-dessous), elle n'a que 18 ans et est d'ailleurs mentionnée comme fille légitime mineure, représentée par son père.


Acte de mariage de Dominique Irigoyen et de Marie-Jeanne Dargain-Laxalt
L'an mil huit cent cinquante-un, le vingt-sept novembre à huit heures du matin, par devant nous, Maire, officier de l'état civil de la commune d'Aussurucq, canton de Mauléon, département des Basses Pyrénées, sont comparus Irigoyen Dominique, instituteur de la présente commune, âgé de vingt-trois ans, fils légitime majeur de Irigoyen Pierre, propriétaire à Suhare, âgé de soixante-sept ans, ici présent et consentant et de feue Marie Appeceix ; et Demoiselle Marie Jeanne Dargain dite Laxalt, âgée de dix-huit ans domiciliée au présent lieu, fille légitime mineure de Pierre Dargain, préposé retraité, âgé de cinquante-un ans, demeurant au présent lieu, ici présent et consentant et feue Marie Lohitçun, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la principale porte de la maison commune, la première le seize novembre courant à l'heure de midi, la seconde le vingt-trois novembre suivant aux mêmes lieux et heure ; nous avons demandé conformément à la loi du 18 juillet 1850 aux futurs époux et aux personnes qui autorisent le mariage s'il a été fait un contrat de mariage destiné à en régler les conventions civiles. Les parties nous ont déclaré qu'un contrat de mariage a été passé le vingt-six novembre courant  devant Maître Cazenave, notaire à la résidence de Mauléon et ils nous ont en conséquence remis, à l'appui de leur déclaration, le certificat qui leur a été délivré par le notaire détenteur de leur contrat, suivant la prescription de la susdite loi du 18 juillet 1850, lequel certificat sera joint aux pièces annexées. Aucune opposition au mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à la réquisition qui nous est faite après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre VI du Code civil, intitulé du mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s'ils veulent se prendre pour mari et pour femme ; chacun d'eux ayant affirmé séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que Dominique Irigoyen et Marie Jeanne Dargain sont unis par le mariage. De tout quoi dit et fait publiquement avons dressé acte en présence de Pierre Irigoyen, cultivateur de Suhare, frère du futur époux, de Lohitçun Joseph, cultivateur à Aussurucq, grand-père de la future, âgé de soixante-sept ans, de Campané Pierre, âgé de cinquante huit ans,  cultivateur à Aussurucq, de Latchéré Arnaud, âgé de trente sept ans, lesquels ont signé avec nous le présent acte de mariage après que lecture leur en a été faite, ainsi que les futurs époux et leurs pères.    

Cette toute jeune fille, fille unique et probablement choyée, aura quatorze enfants ! Marie (1853), Marguerite (1854), Pierre (1855), Joseph (1857), Élisabeth (1858) (mon arrière-grand-mère), Engrace (1859), Marianne (1861), Pierre (1863), Jeanne (1864), Martin (1866), Grégoire (1867), Michel (1869),  Jean (1871) et Jean-Pierre (1877). Trois d'entre eux décèderont avant l'âge de dix ans.
Marie-Jeanne, cultivatrice, vivra jusqu'à l'âge de 72 ans. Elle décède dans la maison Etcheverria le jour de Noël 1907.

1 commentaire:

La petite poule noire a dit…
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